Histoire de Jerusalem

réalisé par Janine <janine@sefarad.org>

le 43° jour de l'Omer nous célébrons le Jour de Jerusalem.

Voici l'histoire de cette ville si desirée par les uns et les autres et au coeur du conflit actuel. je ne suis ni historienne ni spécialiste en Bible, donc je n'assume aucune responsabilité par rapport à ce qui suit, mais cela m'a paru un article interessant et instructif. A vous de nous faire connaitre vos commmentaires , vos réactions , soit en entrant dans notre Forum, soit en m'écrivant directement sur

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UNE HISTOIRE TROUBLÉE : JÉRUSALEM

Nicolas de Coatpont

I : UNE ÉTYMOLOGIE DE JÉRUSALEM [1] En hébreu yerûshâlayim pose un vrai problème étymologique. Tout porte à penser que les verbes : yârêsh et yârash : il prit, posséda, hérita, sont à la base du nom. Mais il y a aussi la possibilité d'évoquer ûru qui en sumérien signifie : ville. Pourtant, il est convenable de faire dériver ce préfixe du verbe hébreu : yârâh = il jeta, lança, tira, optant ainsi pour le sens de fondation qui était le sens du verbe primitif : yry. Shâlêm peut signifier : paix mais est également susceptible, grâce à l'alternance discutée : ss-sh, de s'identifier au nom de l'antique divinité ssâlem attestée dans les textes ugaritiques. Jérusalem est donc la ville de la paix ou la fondation de Ssalem. II : LES ORIGINES DE JÉRUSALEM C'est à Abraham, vers les années 1800 avant notre ère, que tout remonte. Dans un texte de la genèse, il rencontrera Melchisedech « prêtre du Dieu très-haut » et roi de Salem. C'est sur le mont Morriyya (Genèse, Chapitre 22) qu'il préparera le sacrifice de son second fils Isaac qui n'aura finalement pas lieu. Un texte ultérieur (2° livre des chroniques, Chapitre 3, verset 1) identifiera ce lieu avec la colline du futur Temple de Jérusalem. Isaac sera le père de Jacob qui prendra le nom d'Israël (nom signifiant « il a été fort contre Dieu » en Hébreu ancien) et sera le père des 12 tribus d'Israël, les Hébreux. Mais Isaac, fils de Sarah, n'est pas le premier né d'Abraham. Ce premier né est Ismaël (nom signifiant « Dieu exaucera ou écoutera» en Hébreu ancien) qui est le fils de la servante égyptienne Agar. Victime de la jalousie de Sarah, Ismaël et Agar seront chassés vers le désert mais protégés par Dieu. Ce demi-frère sera considéré aussi bien par les traditions juives qu'arabes comme l'ancêtre des Arabes nomades du désert. Mais à cette époque, Jérusalem n'est en aucune façon un site sacré. Ce n'est qu'une cité occupée par une tribu d'origine cananéenne, les jébusites, qui adorent le Dieu Moloch et pratiquent en son honneur des sacrifices humains. La fuite des Hébreux hors de l'Egypte est une histoire bien connue abondamment racontée dans la Torah. Conduits par Moïse, ils parvinrent en terre promise. Mais Moïse n'entra pas dans la terre sainte et mourut sur le mont Nebo qui n'est pas identifié. Josué conduit alors la conquête de Canaan par les tribus hébraïques. Le livre de Josué (Chapitre 10, verset 1), mentionne Adoni-Cédéq, roi de Jérusalem qui prend la tête d'une coalition contre Josué. Mais Jérusalem, à ce moment, n'est pas mentionnée dans les partages de la terre entre les 12 tribus. III : LA CAPITALE DU ROYAUME DE DAVID Il faudra attendre le début du XI° siècle (soit deux siècles après l'arrivée des anciens esclaves conduits par Moïse et Josué en terre sainte) avant notre ère pour que Jérusalem prenne de l'importance avec le roi David. A l'origine, ce dernier n'était qu'un chef de guerre au service de Saül, le premier roi d'Israël, mais aussi parfois des ennemis jurés des Hébreux, les Philistins (originaires vraisemblablement des invasions des « peuples de la mer » du XIII° siècle avant notre ère, ce sont eux qui donneront leur nom à la Palestine). Il parvint à la mort de Saül à se faire couronner roi des Tribus hébreux du Sud, à Hébron. Mais il avait besoin d'une capitale qui lui soit propre et lui permette de symboliser l'unité des tribus du Nord et du Sud, toujours promptes à se quereller entre elles. Par un hardi coup de main, il parviendra ainsi à s'emparer de la « forteresse de Sion » (second livre de Samuel, chapitre 5, verset 6 ; Livre des chroniques, chapitre 11, versets 4 et suivants) Sion étant la principale colline de Jérusalem. Mais David ne fera pas de Jérusalem qu'une capitale politique. Il va poser les prémices de la Jérusalem religieuse. Il va acquérir « l'aire d'Arauna le Jébusite » pour y ériger un autel et fera installer dans la cité l'arche d'alliance (2° Livre de Samuel, Chapitre 24, versets 18-25). Son fils Salomon (-961/-931) sera le bâtisseur du Temple qui recueillera en son « saint des Saints » l'Arche d'Alliance et aura pour vocation de centraliser le culte d'Israël. Pour autant, à la mort de Salomon, l'unité ne dure pas. Israël éclate en deux royaumes rivaux : Israël au Nord, Juda au Sud (avec Jérusalem pour capitale). Le premier sera anéanti par les Assyriens en -721. Cette destruction sera totale. Le royaume de Juda survit seul dans un environnement menaçant. En -701, les troupes assyriennes de Sennachérib assiègent Jérusalem où règne le roi Ezechias mais se retirent (Second livre des rois) moyennant le versement d'une importante rançon. Au début du VII° siècle, le roi de Juda Josias va centraliser le culte du Dieu unique au Temple et fera détruire les divers sanctuaires du royaume qui abritaient souvent des cultes fort éloignés du pur monothéisme. Ce relèvement ne durera pas. Il est vaincu et tué en -609 par les Égyptiens. Le royaume assyrien sera écrasé par les Mèdes et les Babyloniens : en -612, Ninive est détruite de fond en comble par les coalisés. Mais cette destruction n'apportera pas la paix à la Palestine. IV : LA DÉPORTATION ET LA NAISSANCE DU JUDAÏSME En -587, les Babyloniens de Nabuchodonosor détruisent le Temple de Jérusalem et déportent une partie des habitants de Juda en Babylonie. Cette déportation est infiniment moins cruelle que le sort subi par le royaume de Samarie un siècle plus tôt devant les Samaritains. Date clé : à compter de ce moment, les Hébreux vivront majoritairement en dehors de la Palestine. Cette situation dure encore à l'heure actuelle. Mais, et surtout, la diaspora babylonienne, privée du Temple et de tout centre religieux, va développer une pratique religieuse centrée sur les textes sacrés et des fêtes qui commencent à être fixées. C'est la naissance de la synagogue et du Judaïsme. Pour autant, Jérusalem n'est pas oubliée. Le Psaume 137 traduit bien cet espoir de retour : « au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion. » Isaïe donnera à la capitale perdue une signification eschatologique bien plus profonde en lui attribuant une vocation universelle que reprendra l'apocalypse de Saint Jean (chapitre 21). Mais cet exil sera de courte durée. En -538, le roi de Perse Cyrus, qui s'est emparé de Babylone, autorise le retour des exilés à Jérusalem par l'édit d'Ecbatane. Seule une minorité le fera. Nommé gouverneur de la province, Néhémie entreprend de restaurer le Temple malgré la vive hostilité des gens restés au pays. Ces travaux achevés, le Scribe Esdras pourra solennellement lire le Livre de la Loi (la Torah = les 5 premiers livres de la Bible). Le Temple de Jérusalem devient ainsi le sanctuaire principal du Judaïsme et le lieu des grandes fêtes. C'est aux prêtres du Temple qu'il appartiendra d'en fixer le calendrier. Alexandre le Grand (mort en -330) ne fait que traverser la province et ne s'intéresse pas à Jérusalem. Ce passage éclair aura des conséquences capitales : il entraînera l'introduction de la civilisation grecque hellénistique dans une province alors fort isolée. A la suite du démembrement du royaume d'Alexandre, les Lagides d'Egypte imposeront leur domination à la Palestine. C'est probablement à cette époque que débutera la traduction des écritures juives (la Bible) en grec, épisode qui est raconté dans un écrit apocryphe : la Lettre d'Aristée à Philocrate. Les difficultés viendront avec le royaume des Séleucides qui va supplanter celui des Lagides. En -175, le Temple est profané par Antiochus IV Epiphane. La révolte juive est immédiate. Onze années plus tard, le Temple sera libéré et purifié (fête de Hannouka). Mais ce nouveau royaume juif est rapidement miné par ses luttes intestines. Finalement, les Romains en profitent pour le conquérir : ainsi, en -63, Pompée s'empare de Jérusalem. La Palestine devient un protectorat romain. Ces derniers ont l'habileté de ne pas gouverner directement la province mais de la confier à un roitelet originaire d'une tribu voisine : Hérode Antipas. Ce roi si décrié fera néanmoins agrandir le Temple de Jérusalem. Le mur de soutènement qui deviendra le Mur des lamentations est construit à cette époque. Le Temple reste la « maison du Seigneur » où tous les Juifs convergent lors des grandes fêtes (celle de la Pâques notamment) et pour laquelle ils acceptent de payer un impôt. V : JÉRUSALEM ET LA NAISSANCE DU CHRISTIANISME C'est dans ce contexte de protectorat mal supporté et d'attente messianique que naît Jésus de Nazareth. Sa prédication terrestre, qui s'étend sur 3 années ( de 30 à 33 environ), va bouleverser le monde. Elle a pour cadre géographique principalement la Galilée. Mais Jérusalem n'en est pas absente. L'évangile de Luc cite la présentation au Temple et la circoncision, une venue lors de la fête de la Pâque (au cours de laquelle Jésus suscite l'admiration des Docteurs de la Loi au Temple). Mais c'est « l'entrée messianique » à Jérusalem qui est de loin la plus importante. Il chasse les vendeurs du Temple, y annonce la destruction de Jérusalem et son remplacement par un autre Temple (son corps), y institue l'Eucharistie au cours de la Cène. Jérusalem sera enfin le théâtre de sa Passion : retraite sur le Mont des Oliviers (au-delà du Cédron qui marque la limite de la ville), arrestation à Gethsémani, procès devant le Sanhédrin de Jérusalem puis devant les Romains, chemin de croix à Jérusalem puis crucifixion à l'extérieur de la ville, sur le Golgotha. A sa mort, tous semblait terminé et ses disciples qui s'étaient débandés, à quelque rare exception, commençaient à retourner à leur ancienne vie. Les témoignages de sa résurrection, ses apparitions invitant ses disciples à poursuivre sa mission, vont donner une toute autre ampleur à son message et plus particulièrement à son identité revendiquée de Messie et de fils de Dieu. Progressivement, des groupes de fidèles formeront une assemblée (Eglise ou Ekklésia en Grec) d'abord à Jérusalem où sera régulièrement commémorée la Passion. Deux chefs s'en dégagent : Pierre et Jacques, le Frère du Seigneur. Progressivement, la nouvelle Eglise va s'étendre aux non-Juifs, ce qui posera la question de la validité de la loi juive issue de la Torah. Une assemblée tenue en 48 à Jérusalem tranchera la question en dispensant les non-Juifs de devoir appliquer la Loi juive. VI : LA RUPTURE ENTRE JUDAÏSME ET CHRISTIANISME La situation à Jérusalem, toujours difficile, va se tendre à partir de 60. Jacques, qui est devenu le véritable chef de l'Eglise de Jérusalem, en est la première victime. Il est lapidé à l'instigation du grand prêtre Anan (Cf. les antiquités juives de Flavius Josèphe , XX, 9, 1). La montée du nationalisme juif et la répression romaine déclenche en 66 une terrible guerre. Après un très dur siège, Jérusalem est prise par les légions romaines de Titus en 70. Le Temple est détruit. Il n'en restera que le mur occidental qui deviendra le « mur des Lamentations », lieu de mémoire et de prière par excellence du Judaïsme et l'esplanade du Temple. Cette destruction va avoir des conséquences qui sont toujours actuelles 2000 ans après. Tout d'abord, tous les courants du Judaïsme sont éliminés par la violence de la guerre. Seuls subsistent les Pharisiens dont le chef de l'époque, Johanan Ben Zakkaï, parviendra à sortir de Jérusalem caché dans un cercueil (épisode raconté dans le Talmud de Babylone). Il obtiendra de Vespasien, futur empereur, l'autorisation de fonder une école rabbinique à Jamnia. Avec ses successeurs, il va refonder un Judaïsme privé du Temple et de tout pouvoir temporel : élaboration de la Mishna (codification de la loi orale), du Talmud dont celui de Babylone dépassera en renommée celui de Jérusalem. Désormais, ce sont les docteurs de la Loi qui vont être les régulateurs de la religion juive. Jérusalem ne sera qu'un voeu et un symbole d'espérance : « l'an prochain à Jérusalem. » Pendant la guerre, une grande partie de l'Église chrétienne (du Grec christos= messie) de Jérusalem se réfugia à Pella, en Transjordanie, et ne revint qu'après la fin des hostilités. Mais ces « Judéo-Chrétiens gardaient malgré ces événements un dynamisme certain. Ils cherchèrent à gagner à leur foi les synagogues troublées par la ruine du Temple. L'Évangile de Matthieu traduit bien cette lutte qui se produisit entre les Chrétiens et les Pharisiens de l'école de Jamnia par l'emploi fréquent des termes de « scribes et pharisiens hypocrites. » Mais ils échouèrent et les Pharisiens l'emportèrent finalement. Désormais, ce sont les églises fondées parmi les Gentils (non-Juifs) hellénisés par Saint-Paul, qui défendait une liberté totale par rapport à la Loi, le mécanisme du salut ayant été entièrement modifié par le Christ, qui vont devenir majoritaires. La rupture est désormais consommée entre Juifs et Chrétiens et ne cessera de s'approfondir pour aller jusqu'à des moments tragiques. Au IV° siècle, la proclamation de l'empire chrétien par Constantin va permettre de fixer les lieux Saints chrétiens de Jérusalem : érection de l'église du Saint-Sépulcre sur les lieux de la Passion du Christ, de la basilique du Sacré coeur sur le mont des Oliviers, consécration du lieu supposé de la Cène (le Cénacle). VII : L'ESSOR DE L'ISLAM Au VII° siècle, l'irruption de l'Islam fera de Jérusalem une nouvelle fois une cité sainte. L'Islam est né dans le Hedjaz, bande côtière de l'Arabie occidentale située en bordure de la Mer rouge. Le prophète Mahomet (Mohammed) fera de Jérusalem la première direction de prière (Qîbla) de sa communauté de croyants qui a du s'exiler de la Mecque à Médine. Il fera en outre vers 621, un an avant l'Hégire un voyage nocturne à Jérusalem qui est raconté dans le Coran (Sourate 17, 1-10) et développé dans les Hadîths. Parti de l'esplanade du Temple, il aurait fait une Ascension céleste vers le paradis et rencontré les prophètes de l'ancien et du nouveau testament. En 622, quelques mois après son arrivée à Médine, rejeté par les Juifs qui y résidaient, il changera la qîbla : Désormais, les croyants (Musulmans) prieront en direction de la Mecque, qui se trouve fort opportunément dans une direction opposée. La pierre est noire (Kaaba) y est affirmée comme érigée en l'honneur d'Allah par Abraham et son fils Ismaël. Mahomet est le premier unificateur de l'Arabie grâce à l'Islam. A sa mort en 632, les Arabes sont prêts à s'élancer à la conquête des empires perses et byzantins qui se sont mutuellement affaiblis dans de longs conflits : c'est la revanche des descendants d'Ismaël, le fils rejeté dans le désert selon la tradition biblique. Les conquêtes sont foudroyantes. En 638, Jérusalem se rend au Calife (chef temporel et religieux des Musulmans) Omar. Mais cette conquête n'a lieu que trois ans après celle de Damas : Jérusalem était loin d'avoir une importance vitale pour les Musulmans. En 691, le Calife Abd-El-Malik fera bâtir sur l'esplanade du Temple le dôme du Rocher, improprement appelé mosquée d'Omar. Sur ce Rocher est censé avoir lieu le sacrifice non d'Isaac mais d'Ismaël (Mahomet ayant accusé les Rabbins d'avoir falsifié les écritures sur ce point notamment). Plus tard, à l'extrémité sud de la même esplanade du Temple, son fils Walid fera bâtir la mosquée El-Aqsa. Jérusalem devient « Al-Qods » (la Sainte). Désormais, les lieux saints des trois religions monothéistes sont fixés pour toujours. L'imbrication des lieux saints juifs (mur des lamentations) et musulmans (cf. supra) témoigne de la proximité mais aussi des rivalités possibles : Isaac et Ismaël ne sont-ils pas demi-frères ? Jérusalem changera plusieurs fois de maître. Les Turcs Seldjoukides s'en emparent en 1071 et relancent des persécutions contre les pèlerins chrétiens. Cela déclenchera la vague des croisades occidentales. En 1099, 15 000 croisés s'emparent de Jérusalem et y commettent un massacre. Godefroy de Bouillon se proclamera « avoué du Saint Sépulcre. » En 1187, Saladin reprendra Jérusalem aux Chrétiens. En 1229, le sultan égyptien Al-Kamil offrit la ville à l'empereur Frédéric II, acceptant de ne conserver que les lieux saints de l'Islam. En 1244, une horde de Turcs chassés du Kharezm (Asie centrale) sous la pression des Mongols dévasta Jérusalem, massacra les Chrétiens et détruisit le Saint Sépulcre. Finalement, ce sont les Mamelouks d'Egypte qui s'en empareront en 1260 après avoir repoussé à Aïn-Djalout une invasion mongole (Les Mongols étaient alliés aux croisés dont le royaume subsistera à Saint Jean d'Acre jusqu'en 1291) qui, si elle avait réussi, aurait pu changer la face de cette région. A la fin du XIV° siècle, Jérusalem ne devait pas compter plus de 10 000 habitants. VIII : LA DOMINATION OTTOMANE ET LE MANDAT BRITANNIQUE Les Turcs ottomans s'en empareront en 1517 pour 4 siècles. Jérusalem va connaître dès lors un déclin constant. Elle restera une place religieuse où les Ottomans s'efforceront de régler (édit de statut quo de 1852) ou d'attiser les conflits entre les fils d'Abraham. N'oublions pas que la guerre de Crimée (1854) aura pour origine une querelle entre Orthodoxes et Catholiques pour la protection des lieux saints. Ce n'est qu'à la fin du XIX° siècle qu'apparaîtra le mouvement sioniste juif sous l'impulsion de Théodore Herzl qui prône un retour à Sion, en Palestine, et l'établissement d'un état juif. Le congrès de Bâle d'août 1897 énonce clairement le programme des Sionistes : « Le Sionisme vise à obtenir, pour le peuple juif, la création d'un foyer reconnu par le droit public en Palestine. A cette fin, le congrès envisage d'employer les moyens suivants : 1°) l'encouragement de principe à la colonisation de la Palestine par des agriculteurs, des artisans et des travailleurs juifs, etc...... ». L'attachement à Sion, réaffirmé fut un instant remis en cause. Théodore Herzl proposa même d'étudier la possibilité de fonder le « foyer » en Ouganda, provoquant une grave crise dans le mouvement. Finalement, le congrès sioniste de 1905 réaffirmera son attachement à Sion et reviendra au programme initial de Bâle. En 1845, on pouvait recenser 7 100 Juifs sur 15 000 habitants à Jérusalem. Au début de la première guerre mondiale, la population y passa de 10 000 à 80 000 habitants et les Juifs d'un millier à près de 50 000. L'entrée en guerre des Ottomans aux côtés de l'Allemagne en 1914 sera fatale au vieil empire. Les Britanniques du général Allenby s'emparent de Jérusalem en décembre 1917. Que vont devenir ces territoires ? Les Britanniques ont lancé des promesses contradictoires dans toutes les directions. Au Chérif Hussein de la Mecque (fondateur de la dynastie des Hachémites), ils promettent la formation d'un grand royaume arabe. Aux Sionistes, ils promettent le 2 novembre 1917 par la déclaration Balfour un « foyer national pour le peuple juif. » Enfin, les accords Sykes-Picot de juin 1916 prévoient un partage de l'orient entre Français et Britanniques. Face à ces contradictions issues d'une politique cynique et sans scrupules, les Britanniques se feront attribuer un « mandat » sur la Palestine et Jérusalem en s'appuyant sur la déclaration Balfour. Mais ces promesses contradictoires entraînèrent pendant plus de 20 ans de sanglants affrontements entre Juifs et Arabes : Jérusalem n'en sera pas absente et sera plusieurs fois ensanglantée. Il faut signaler le rôle particulièrement néfaste joué par le Grand Muphti de Jérusalem Hajj Amin-El-Husseini, nommé à ce poste grâce à l'aveuglement des Britanniques et qui soufflera sur les braises et ira jusqu'à rencontrer A.Hitler pendant la guerre. N'oublions pas qu'il n'eut pas le privilège de ces approches puisque I.Shamir, alors leader du groupe Stern, fit des offres de service à A.Hitler par haine des Britanniques. La fin de la seconde guerre mondiale est aussi celle de l'empire britannique qui perd son joyau indien dans des conditions dramatiques (guerre de partition indo-pakistanaise). Le destin de la Palestine est en jeu. IX : LE CONFLIT ISRAELO-ARABE ET JÉRUSALEM Dans la perspective de la fin du mandat britannique le 14 mai 1948, se pose la question de l'avenir de la Palestine. Deux options sont alors possibles : un état binational sur l'ensemble du territoire entre Juifs et Arabes (ces derniers comprenant une forte minorité chrétienne) ; la formation de deux états et le partage de la Palestine. Le conseil de sécurité de l'ONU, saisi, optera pour la seconde solution en novembre 1947. La résolution adoptée fera de Jérusalem un « corps séparé. » Aussitôt, les hostilités s'engagèrent entre le nouvel état d'Israël et ses voisins arabes, ponctuées de massacres réciproques dont celui de Deir Yassine commis le 9 avril 1948 par un commando de l'Irgoun et du Lehi dirigé par Menhamen Begin. La seule victoire arabe sera celle remportée par la légion arabe commandée par l'officier britannique Glubb Pacha : le 27 mai 1948, elle parviendra à reprendre Jérusalem-Est aux Juifs. Mais cette « victoire » a lieu dans des conditions troubles, le roi étant accusé d'avoir passé un pacte avec les Israéliens. L'armistice sera signé en 1949 et entérine la division de Jérusalem. Par la suite, le roi de Jordanie Abdallah annexera en 1950 la Cisjordanie ainsi que Jérusalem Est : le mur des lamentations, les lieux saints chrétiens (cénacle excepté) et musulmans sont sous souveraineté jordanienne. Mais l'état palestinien prévu par le plan de partage ne verra pas le jour du fait de cette annexion mais aussi par la volonté israélienne. Aucune paix durable n'est établie entre Israël et ses voisins arabes. La guerre des Six-jours éclate le 5 juin 1967 entre Israël d'un côté, l'Egypte, la Syrie et la Jordanie de l'autre. Le 7 juin, les troupes israéliennes s'emparent de Jérusalem Est. Trois jours plus tard, un simple cessez-le-feu entérine cette situation de fait. L'armée israélienne a également conquis la Cisjordanie, la bande de Gaza, le plateau du Golan et le Sinaï. Seul le Sinaï a été évacué en 1982, les autres territoires restant occupés, avec tout ce que cela suppose comme humiliations quotidiennes pour les populations occupées. En 1981, la Knesseth fera de Jérusalem la capitale unifiée de l'état d'Israël, situation jamais reconnue par les grands états, Etats-Unis compris. Le rêve sioniste est réalisé. La défaite arabe sera paradoxalement le facteur déclenchant de la naissance d'un mouvement nationaliste palestinien autonome par rapport à la rhétorique arabisante de l'époque. Dès 1969, Yasser Arafat prend la tête de l'OLP dont la charte prévoit la destruction de l'état d'Israël et l'établissement d'une capitale à Jérusalem. La situation restera longtemps bloquée entre l'intransigeance israélienne et les actes terroristes palestiniens. L'état d'Israël encouragera une active politique de colonisation juive dans et autour de Jérusalem-Est afin de créer une situation irréversible. De nombreux états arabes chercheront à contrôler ou évincer l'O.L.P., parfois avec violence (septembre noir de 1970). Il faudra attendre les accords d'Oslo de 1993 pour aboutir à une reconnaissance mutuelle entre l'O.L.P. et Israël et la mise au point d'un régime d'autonomie palestinienne limitée sur des parcelles discontinues des territoires occupés. La question de Jérusalem, que les deux parties revendiquent comme capitale et qui comprend les Lieux saints des trois grandes religions monothéistes, est repoussée au terme des négociations. Il faudra attendre le sommet avorté de Camp David en juillet 2000 pour aborder en vain cette question. Il n'accouchera que d'une déclaration d'intentions sans portées concrètes. Afin de renforcer sa position, Yasser Arafat et le roi du Maroc provoqueront une réunion du « comité Al-Qods » (Al-Qods, la Sainte, est le nom que les Musulmans donnent à Jérusalem) qui regroupe des représentants musulmans et chrétiens, ces derniers étant essentiellement des Franciscains, depuis de longue date actifs dans l'entretien et la protection de Lieux Saints Chrétiens (les Palestiniens sont Chrétiens dans une proportion allant de 10 à 15 %). Jérusalem y est réaffirmée comme ayant vocation à devenir la capitale du futur état palestinien dont la proclamation est repoussée. Quelle signification aurait-elle ? Les émeutes qui ont débuté en octobre 2000 ont eu pour point de départ une provocation délibérée sur l'antique esplanade du Temple, lieu de coexistence tendu des lieux saints juifs et musulmans. Le sang a encore coulé. Isaac et Ismaël sont-ils destinés à s'affronter éternellement pour le partage d'un héritage commun ? Le Sacrifice évoqué dans la Genèse n'a pas eu lieu. Alors ? En Hébreu, Jérusalem signifie « ville de la paix ». Son étymologie entrera-t-elle dans les faits ? Plus que jamais, la solution du conflit du Moyen-Orient passe par Jérusalem.

------------------------ Vous aurez noté peut etre comme moi

que rien n'est dit sur le sort réservé aux juifs pendant la période où Jérusalem etait aux mains des jordaniens(avant 1967): interdiction pour nous d'aller au kottel, synagogues détruites, pierres tombales vandalisées etc...

l'auteur parle " des humiliations quotidiennes infligées aux palestiniens par israel

l'histoire de Shamir voulant contacter Hitler, je l'ai lue à maintes reprises dans des articles différents, mais jamais on n'a cité la source, ce qui parait essentiel pour en vérifier la véracité

cet article en tout cas, met à mal la théorie des palestiniens et d'arafat selon laquelle il n'y avait pas de lieu sacré juif au mont du temple!!!Rien que pour cela cet article m'a paru important car il affirme de façon incontestable la présence juive avant TOUTE autre sur le Mont du temple.