Voici arrivé le temps du pèlerinage de la Ghriba à Djerba, pèlerinage qui tombe à Lag ba omer. Djerba est la Jérusalem d’Afrique, elle a entretenu entre le début et le milieu du XX°siecle jusqu'à 6 imprimeries qui ont produit plus de 600 livres en hébreu., en araméen ou en judéo-arabe. Les visiteurs affluent de partout pour le pelerinage, fête de 2 rabbins ,rabbi Meir et rabbi Shemo’n. bar Yohai, figures omniprésentes du judaisme nord africain. , bien qu’ils aient vécu en Palestine, mais on a fini par croire qu’il s’agissait de rabbins locaux (j’avoue que personnellement dans tous les moments difficiles de la vie, j’implore Dieu par le zekhout (mérite) de rabbi Meir).
La Ghriba est une synagogue de Djerba. Sans cour à ciel ouvert, elle forme un bâtiment compact et entièrement couvert, d’un blanc éclatant, les murs sont percés de fenêtres bleues ; à l’intérieur, une grande salle rectangulaire dont les murs sont revêtus de carreaux de faience .Au fond de la salle, l’armoire (hekhal) renferme les rouleaux de la torah ; sous l’armoire se trouve une niche qui forme une des stations du pelerinage.Des lampes à huile cerclées d’argent sont suspendues en divers points, 3 d’entre elles se distinguent par leur taille et leur orfèvrerie plus travaillée : celles des deux rabbins et de la Sibiya, la jeune fille solitaire.
O n raconte ici que l’endroit où se trouve la synagogue de la Ghriba était autrefois un lieu desert que les habitants de Hara Sghira (petite hara)ne fréquentaient guere. Or ils découvrirent un jour avec surprise qu’une jeune fille y vivait, modeste et solitaire. Nul ne savait d’où elle venait ; une nuit on vit des flammes s’élever de la hutte où elle vivait mais craignant quelque magie, personne ne s’en pprocha.Au matin, on trouva sur les lieux la cabane en cendres, la jeune fille morte mais son corps intact et intacts les traits de son visage épargné par les flammes.On sut que la jeune fille etrangere " ghriba " avait été une sainte et on construisit une synagogue à l’endroit meme où elle avait vécu.
On raconte aussi une autre histoire ; il y a bien longtemps à la suite de la destruction du temple de salomon par nabuchodonosor, des juifs de la caste des pretres,Kohanim, s’enfuirent de Jérusalem en emportant avec eux une porte-delet- et des pierres du sanctuaire.Ayant fait voile vers l’ouest, ils avaient abordé sur une ile etrangere -ghriba- où ils édifièrent une synagogue qu’ils appelèrent ghriba et un village connu sous le nom de Dighet, altération de " delet ", pour rappeler la porte du temple.Ce village nommé aussi hara Sghira, petite hara, a longtemps été peuplé de kohanim, c’est pourquoi on dit de Djerba qu’elle est l’antichambre de Jérusalem.
Autre histoire : la Ghriba est une jeune fille juive qui, s’étant enfuie de jerusalem détruite, avait navigué seule sur un fragile esquif, serrant sur son cœur les rouleaux de la torah. les vents la poussèrent jusqu’à djerba où elle tomba épuisée expirant sur le site même de la synagogue actuelle.
Ces légendes soulignent que l’installation des juifs à Djerba est ancienne, que les fondateurs de la communauté venaient de terre sainte et appartenaient à la caste des pretres.
Le pèlerinage a lieu du 14° au 18° jour de Iyyar.
Certains pèlerins sont chargés par leurs proches de porter des dons, faire des vœux pour eux…Sous le hekhal, là où aurait été trouvé le corps de la jeune fille, les femmes déposent des chandelles allumées et un œuf sur lequel est écrit le nom d’une jeune fille à marier. A la chaleur des bougies, l’œuf ne tardera pas à durcir et on viendra le chercher à la fin du pèlerinage pour le rapporter à la jeune fille qui devra le consommer.
Tout le pèlerinage s’effectue accompagné de chants et de danses orientales, au son des you-you ! ! ! Couleurs chatoyantes, foulards multicolores et lamés ajoutent à la gaieté générale !
Voilà, vous savez presque tout sur le pèlerinage de la ghriba., j'oublie un instant la polémique politico-mercantile qui s'y attache ces jours-ci en france
Et que vos vœux se réalisent !
vous trouverez ci-apres, un avis intéressant sur la Ghriba
Ghriba la douce, Ghriba l'infidèle Par Yves Derai La Ghriba est une très, très ancienne synagogue qui brille de mille feux sous le soleil torride de Djerba. Son bleu est plus bleu que la Méditerranée, ses ors sont des trésors et l'air qu'on y respire est parfumé à la rose et au jasmin. Bref, la Ghriba est un mythe qui enchante chaque année des milliers de pèlerins au moment des célébrations du Lag Baomer, fête de liesse populaire qui marque la fin de la période de deuil du Omer (voir T.J n· 1405). Depuis 1e printemps 1993 en effet, un groupe d'hommes et de femmes de notre communauté s'attelle à restaurer les relations entre Juifs et Musulmans en Tunisie qui connurent leur âge d'or, en s'appuyant sur le rayonnement de la Ghriba. J'en reviens et ce que j'y ai vu mérite d'être relaté. J'ai vu des familles séparées depuis trente ans par l'histoire et la géographie se reconstituer dans les rires et les larmes ; j'ai vu des milliers de Juifs fraterniser avec leurs cousins musulmans pendant quatre jours, sans retenue ni arrière-pensée ; j'ai vu des centaines d'Israéliens dans les hôtels jouxtant la synagogue s'exprimer dans une langue arabo-hébraïque illustrant à merveille ces retrouvailles abrahamiques ; j'ai vu s'étirer d'immenses banderoles de bienvenue aux « tunes » du monde entier écrites en hébreu ; j'ai écouté un orchestre de musiciens musulmans jouer une hora endiablée en l'honneur de leurs hôtes : j'ai enfin vu un pays arabe dont la population est prête à « la paix des coeurs » avec le peuple juif. Le jour où les différends politiques opposant Israéliens et Palestiniens seront résolus, nul doute que la Tunisie figurera, en compagnie du Maroc et de la Jordanie, parmi les pays arabes qui coopéreront étroitement avec l'Etat hébreu. Mais comme toute médaille a son revers, j'ai aussi vu des choses affligeantes à la Ghriba. J'ai vu des coquilles d'oeufs, des gobelets vides et des copeaux de cacahuètes amoncelés sur le sol de la synagogue ; j'ai vu un fétichisme confinant à l'idolâtrie lors d'une vente aux enchères indigne de la sainteté des lieux ; j'ai vu des hommes s'asperger de boukha en guise de kidouch et la superstition de femmes écrivant le nom de jeunes filles stériles sur des oeufs symbolisant la fertilité et noter, en post-scriptum, quelques numéros du loto qu'elles joueront en rentrant à Paris... J'ai compris pourquoi les rabbins de Djerba réputés pour leur grande érudition boycottent la hilloula de leur maître Rabbi Shimon Bar Yohaï et préfèrent venir se recueillir à la Ghriba après que les vendeurs de brochettes et de merguez ont remballé leur marchandise. Certes, ce pèlerinage annuel doit perdurer mais la dérive actuelle n'est guère à l'honneur du judaïsme français. Le Grand rabbin Joseph Sitruk, qui revendique haut et fort ses origines tunisiennes, a peut-être l'autorité nécessaire pour faire en sorte que ce grand rendez-vous redevienne ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'émouvante rencontre de la spiritualité, de l'esthétique et de la joie. ... http://search.ke.voila.fr/S/voila?gb=site&kw=ghriba&dt=*