Le calcul de l'OMER
la période entre Paque et Shavouot est appelée Omer, d'apres le récit de la Bible (Levitique 23:10-16) qui ordonne " vous apporterez un omer des premices de votre maison au pretre lequel balancera cet omer devant le Seigneur, pour vous le rendre propice "
La gerbe dont la récolte se produit au moment de Paque, doit etre balancée devant le Seigneur avec des sacrifices et c'est seulement apres cette ceremonie que le grain de la nouvelle année peut etre consommé
La torah indique la procédure suivante (verset 15) " puis vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fete, depuis le jour où vous aurez offert l'omer du balancement, 7 semaines, qui doivent etre entieres ; vous compterez jusqu'au lendemain de la 7° semaine soit 50 jours et vous offrirez à l' Eternel une oblation nouvelle"
La pratique contemporaine exclut, pour des raisons evidentes, ces élments du rite qui dépendent de l'existence du temple de jerusalem; néanmoins,; les rabbins du talmud comprirent que la tradition qui veut que l'on compte 7 semaines s'applique meme aux générations qui ne peuvent balancer la gerbe. Aussi les juifs traditionalistes continuent ils à compter chaque nuit le nombre de jours écoulés depuis le jour où leurs ancetres avaient offert le omer dans l'enceinte du Temple.
Le verset mentionné indique " le lendemain de la fete" comme date pour le balancement de la gerbe. Pris littéralement, cela impliquerait que le calcul du Omer commencerait invariablement le meme jour de la semaine: un dimanche (quel dimanche , c'est loin d'etre clair; peut etre pendant la Paque, peut etre celui qui suit immédiatement ou peut etre le premier apres le mûrissement de la récolte d'orge
De la meme façon , le calcul se terminerait un dimanche et Shavouot tomberait invariablement le meme jour de la semaine,mais notons dans le verset 16 " " "jusqu'au lendemain de la 7° semaine, ;soit 50 jours" :quiconque est familier avec la pratique juive sait que ce n'est pas la façon dont les calculs sont faits réellement; le calcul de l'omer commence invariablement dès la seconde nuit de Paque, quel que soit le jour de la semaine et s'acheve avec Shavouot, toujours le 6° jour du mois hebraique de Sivan.
Nous savons que la question du calcule du omer a été une source majeure de conflit parmi les sectes et mouvements juifs du second temple, et nous n'avons compris que récemment certaines de ces implications. La tradition qui veut que " shabbat" signifie "fete" est ancienne et a été utilisée dans la Septante, la traduction grecque de la torah( au 3° siècle avant notre ère) commandée par le roi Ptolémée d'Egypte. La Septante est généralement une traduction littérale, et son éloignement occasionnel de la traduction littérale peut souvent servir de signe qu'il y a quelque chose qui se trame !. La litterature talmudique rapporte un nombre de controverses au sein d'une secte appelée les Baitusim, un mouvement peu connu de la période du second temple; ces controverses sont centrées précisément sur cette question : les Baitusim insistent pour que l'on compte à partir du dimanche , et pour empecher les pharisiens de compter à partir du premier jour de Paque, ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour brouiller les pistes, y compris tromper le sanhedrin en trichant sur la date de la nouvelle lune (qui à cette époque etait determinée non en fonction d'un calendrier fixe mais en fonction de témoins qui avaient vu la lune) ou en envoyant de faux signaux (à l'époque on allumait une série de feux) concernant la date à laquelle on avait déterminé la nouvelle lune!
ces Baitusim étaient particulierement intéressés à ce que la rentrée de la moisson des gerbes de omer ne tombe pas un shabbat; pour les pharisiens, c'était possible et à leurs yeux le commandement biblique avait le dessus sur l'interdiction normale de rentrer la moisson un shabbat. Pour leurs opposants, rentrer la moisson le mauvais jour était une désacralisation injustifiable du jour de repos.
La Michna rapporte des rites particuliers pour la rentrée de moisson des omers un shabbat, dans laqualle une grande publicité était donnée à l'évenement. chaque acte etait décrit à voix haute 3 fois, affirmant ainsi fierement que c'était bien en fait , shabbat, et que néanmoins on rentrait les gerbes. Tout ceci etait fait afin de bien se différencier de la lecture littérale des Baitusim.
La litterature talmudique nous dit tres peu sur l'idéologie et les motivations des Baitusim mis à part leur approche littérale de la Bible, chose qu'ils partageaient avec plusieurs autres mouvements juifs dans le monde.
une nouvelle perspective s'est offerte à nous quand des érudits se sont mis à comparer les écrits rabbiniques du Livre des Jubiles, un volume composé probablement pendant le second siecle avant notre ere et qui indique une révélation faite à Moise par " l'Ange de la Shehina"; il rapporte des récits de la torah en fonction de sa propre idéologie .
un des themes les plus importants de ce livre est que, contrairement à la coutume juive traditionnelle, La bible nous prescrit l'usage d'un calendrier solaire de 364 jours par an. Comme le chiffre 364 se divise par 7 il s'avere que toutes les fetes tomberont à des jours fixes de la semaine; selon leurs vues, le calcul du Omer devrait commencer le samedi qui suit immédiatement Paque
Quand les manuscrits de la Mer morte furent découverts dans les années 40, on nota que la secte qui avait écrit ces manuscrits observait le calendrier des Jubilés ; le fait qu'ils agissaient en fonction d'un calendrier différent a été considéré comme l'une des raisons principales pour laquelle ils furent obligés de vivre à l'écart dans une communauté isolée dans le désert de Judée. certains érudits pointent le fait que dans les manuscrits , le mot Baitusim apparait sous la forme de 2 mots: beit sin (la maison de Sin) et la suggestion fut faite que peurt etre c'est la forme hébraique originelle du mot par lequel les grecs designerent les " esseniens " un groupe décrit par d'anciens auteurs comme vivant dans une communauté isolée dans le desert de judée et identifié par beaucoup de chercheurs avec la secte de la Mer morte,mais apparemment non mentionnée par ce nom dans toute la litterature rabbinique. En réalité les Baitusim sont liés dans le talmud avec Maale Adumim , sur la route de la mer morte.
La question de la période du omer n'est donc pas vue comme une dispute halakhique isolée mais un exemple de divergence fondamentale dans l'approche de l'observance du judaisme.
Notre connaissance de cet episode a pris des dimensions fascinantes avec la publication par le prof. Yigael Yadin dans les années 70, du Manuscrit du Temple, un des écrits les plus importants de la Mer morte .En plus de la croyance dans le calendrier de 364 jours, commune aux autres manuscrits, le Manuscrit du Temple, nous révele une série de 4 différents calculs de 49 jours, s'étalant jusqu'aux mois d'été, chacun s'achevant par une fete agricole d'actions de grâces, pas seulement pour l'orge' mais aussi pour le froment, le vin et l'huile d'olive; la centralité de la question de l'omer a donc une importance bien plus grande que nous n'imaginions et il faudra sûrement un certain temps avant que nous n'en saisissions toute la signification.
pourquoi la tradition rabbinique pharisienne rejette t-elle l'interprétation littérale du texte biblique? en fait, les rabbins affirment que leur interpretation des passages du Levitique est correcte, bien que leurs arguments soient loin d'etre convaincants. De telles traditions sont considérées comme un exemple de la doctrine de la " Loi Orale", idéologie caracteristique des rabbins qui déclarent que la torah écrite n'est pas complete mais doit etre modifiée et completeé par une tradition vivante transmise par les interpretes autorisés de chaque generation.
De notre point de vue ,peut etre un autre facteur doit il etre pris en compte: en commençant le calcul de l'omer au second jour de Paque, nous nous apercevons que shavouot coincide avec le jour où la Torah fut donnée au mont Sinai; cela permet donc de transformer la fete des semaines (shavouot) d'une fete purement agricole en une fete historique qui commemore un des evenements centraux de l'histoire d'israel. A cet égard, la comprehension de shavouot apparait comme une" loi orale" due à une innovation du judaisme rabbinique, ajoutant audacieusement une nouvelle dimension à la tradition. Ironiquement, la commémoration du don de la torah ECRITE peut etre observée seulement si nous acceptons la datation fournie par la tradition de la loi ORALE. L'étude de l'histoire juive et de ses traditions est un vibrant effort et de nouvelles découvertes promettent d'ajouter de nouvelles perspectives à l'ancien héritage de nos pères
d'apres le livre " Holidays, History,and Halakha" de Eliezer Segal ; éditions Jason Aronson
Yom Hachoah tombe le 27 ° jour de NIssan et Lag ba omer le 18° jour de Iyar, 33 jours apres la Paque, 33° jour de l'Omer.
Yom Hatsmaout (Indépendance d'Israel) le 5 de Iyar
Sous peu, si D veut, je vous concocterai une description de Lag baomer et de la Ghriba de Djerba, objet de controverse cette année , comme vous le savez en raison de la situation conflictuelle en Israel