PAQUE

réalisé par Janine <janine@sefarad.org>

Voici un long chapitre consacré à la fête, son sens, ses rites , ses traditions selon les pays, d'après le Consistoire, Vie Juive et MODIA

Pessah marque la naissance du peuple d'Israël. Alors que nous n'étions qu'une famille de soixante-dix âmes autour du patriarche Jacob, nous sommes devenus en Egypte une nation nombreuse. Nous n'oublions pas que c'est à partir de la souffrance que notre conscience nationale s'est forgée, ainsi sommes-nous devenus selon l'expression de feu le Grand Rabbin Jaïs z'al "un peuple d'affranchis", capable de porter dans sa Constitution et aux yeux de l'humanité tout entière : "tu aimeras l'étranger comme toi-même, car tu as été étranger dans le pays d'Egypte". Afin de souligner ce moment fondateur, les maîtres de la synagogue ont introduit dans la prière la formule : "l'époque de notre libération". Dans la Torah, cette fête est appelée "Pessah" et "fête des matsoth" (pains azymes) ou désignée par "mois du printemps". Pessah veut dire sauter (par-dessus), en anglais passover, car la mort selon l'ordre divin sauta au-dessus des maisons d'Israël qui portaient sur les montants des portes, le sang de l'agneau, une idole d'Egypte. La libération ne peut avoir lieu que par le courage monothéiste de nier tous les cultes de l'instinct, des forces de la nature, et de reconnaître Dieu comme Créateur de l'univers. Fête des matsoth : le pain azyme rappelle la sortie précipitée d'Egypte. L'esclavage est long et douloureux, la délivrance est, telle la création du monde, une explosion de joie, un temps au-dessus du temps, au-dessus des lenteurs de l'angoisse et des incertitudes de l'avenir. Mois du printemps :"Garde le mois du printemps, ... car au mois du printemps l'Eternel ton Dieu t'a fait sortir d'Egypte"(Deut. XVI,1). Printemps de la nature, printemps d'un peuple, résurrection des morts, temps de l'harmonie entre les cieux et la terre, entre le froid de l'hiver et la chaleur de l'été. Temps d'équilibre pour apprendre à Israël que la liberté se vit sur la voie moyenne. Midrash : La libération d'Égypte ne fut pas seulement l'accomplissement de la promesse faite aux Patriarches, mais fut aussi méritée par Israël. Les Hébreux durent en effet leur délivrance à quatre mérites : ils conservèrent leurs noms, leur langue, ne se livrèrent pas à la débauche, et ne se livrèrent à aucune délation. Cette volonté profonde de conserver notre identité est le secret de la survie de notre peuple, à travers les vicissitudes de l'Histoire. A propos du mois de nissan : "Ce mois sera pour vous le premier des mois de l'année"(Ex. XII,2). Cela signifie qu'à partir de la sortie d'Egypte, le mois de nissan sera le premier, Iyar le deuxième, Adar le dernier, et ce, afin de se référer constamment au miracle de la libération. Dans la Torah, les mois, comme les jours, ne possèdent pas de noms spécifiques, ils sont désignés en fonction d'un mois de départ (nissan) ou d'un jour central : Chabath . > LES CHABATTOTH QUI PRECEDENT PESSAH <<... > Certains Chabatoth qui précèdent Pessah ont un caractère particulier, puisqu'on y lit un texte de Torah en plus de la paracha de la semaine. Le but de ces lectures supplémentaires est de rappeler aux fidèles l'importance de Pessah, et la nécessité de s'y préparer psychologiquement et spirituellement, ainsi que sur le plan de la halakha. Chabath Hahodech ou "Le Mois" Le Chabath précédant le nouveau mois de nissan (ou lorsque le nouveau mois de nissan coïncide avec Chabath), on lira donc dans un second sefer Torah le chapitre XII de l'Exode qui commence par :"L'Eternel parla à Moïse et Aaron pour dire : Ce mois-ci sera pour vous le premier...". Chabath hagadol - le grand Chabath Le Chabath qui précède Pessah est appelé"le grand Chabath" . Plusieurs raisons sont avancées par nos maîtres. En référence au"grand miracle"qui se produisit pour nos ancêtres en Egypte. En effet, obéissant à l'ordre divin, chaque famille d'Israël prit, le Chabath 10 nissan, un agneau pour le sacrifice pascal qui devait avoir lieu quatre jours plus tard. Bien que l'animal fut déifié par les Egyptiens, aucune réaction négative à l'encontre d'Israël n'eut lieu. (Commentaire du Tour) Ce Chabath marqua l'entrée d'Israël dans le monde des mitsvoth, à travers cette première mitsva de la préparation de l'agneau pascal. Par l'accomplissement de l'ordre divin, Israël reçut un"grand"mérite, comme l'exprime le traité de Baba Kama :"Celui qui agit parce qu'il a reçu l'ordre divin, est plus grand que celui qui agit sans en avoir reçu l'ordre". (Commentaire du Péri hadach). La haftarah de ce Chabath, tirée du prophète Malachie, parle du"grand"jour de l'Eternel."Voici je vous envoie le prophète Elie avant la venue du jour de Dieu "grand et redoutable". (Commentaire du Maharchal). PESSAH ET L'INTERDICTION DU HAMETZ Du fait que nos ancêtres ont emporté du pain non levé en sortant d'Egypte, la Torah a demandé aux générations futures de ne pas consommer de hametz pendant une semaine (7 jours en Israël, 8 jours en dehors d'Israël). Qu'est-ce que le hametz ? Un aliment, solide ou liquide, composé d'une des cinq espèces de céréales suivantes : blé, orge, avoine, seigle et épeautre, qui sous l'action de la chaleur ou de l'eau a subi un processus de fermentation. Trois interdictions concernent ce hametz, selon la Torah : L'interdiction d'en consommer L'interdiction de posséder du 'hametz dans n'importe que lieu nous appartenant. L'interdiction d'en tirer profit D'où la nécessité de se débarrasser de ce hametz, avant Pessah. C'est ainsi qu'entre Pourim et Pessah, chaque membre de la famille participera au"grand nettoyage de printemps"(chambres, salle à manger, cuisine, ...). L'interdit est si catégorique qui si quelqu'un a omis d'éliminer son hametz avant Pessah, il n'aura plus jamais le droit de le manger ou en tirer profit après Pessah, il devra le détruire. LA BEDIQATH OU RECHERCHE DU HAMETZ Cette année le 5 avril 2001 à partir de 21H30 1) Dès la tombée de la nuit du 13 au 14 Nissan, on procède à la recherche du hametz à la lueur d'une bougie (en cas d'impossibilité d'effectuer cette recherche personnellement ou par mandataire la nuit du 14 Nissan, celle-ci pourra se faire au maximum 30 jours avant Pessah et ceci sans bénédiction). 2) Cette recherche se fera à la lueur d'une bougie et non à l'aide d'une torche formée par plusieurs flammes, car cette dernière ne permet pas un examen minutieux ; de plus celui qui l'utilise aurait peur de mettre le feu aux meubles. 3) L'on veillera également à ne pas utiliser pour cette recherche de système d'allumage à base de graisse animale ou salissant, afin de pouvoir effectuer en toute quiétude une bonne recherche. 4) La recherche du hametz à la lueur d'une bougie sera précédée d'un nettoyage à fond de la maison et de tous les endroits pouvant contenir du 'hametz. 5) L'on s'abstiendra de commencer tout travail ou toute étude de la Torah ainsi ou de prendre un repas avant la recherche du hametz. 6) La recherche du hametz sera précédée de la bénédiction : Baroukh Ata Ado-naï Elo-énou mélekh aolam, achèr kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al biour hametz. Traduction : "Eternel, notre Dieu, roi du monde, Source bénédiction, Tu nous as sanctifiés par tes commandements et nous as ordonné d'éliminer tout hametz". Cette bénédiction s'applique également à l'annulation et à la destruction (par le feu) du hametz. 7) L'on veillera à ne pas s'interrompre entre la bénédiction et le début de la recherche, en conversations ne concernant pas la recherche. 8) Tout endroit ayant pu renfermer du hametz nécessite une recherche. C'est pourquoi l'on passera en revue toute la maison, les étages, greniers, armoires, réfrigérateurs, fours, débarras, voitures etc. Ainsi que tout lieu où a pu être introduit le hametz, comme sous les lits, dans les armoires... 9) Les synagogues, maisons d'études, magasins, bureaux, écoles ainsi que tous les lieux publics dans lesquels on a pu introduire du 'hametz, nécessitent une recherche. 10) Il y a lieu de secouer et de vérifier toutes les poches des vêtements, les cartables, sacs et livres de tous les membres de la famille. 11) La mitsva consiste, non pas à trouver du hametz, mais à le rechercher dans toute la maison. Afin de ne pas prononcer la bénédiction en vain, on a l'habitude de mettre des morceaux de pain (généralement 10) bien enveloppés dans du papier, que l'on cache en différents endroits de la maison. L'ANNULATION ET LA DESTRUCTION DU HAMETZ 1) Après la recherche, l'on procède à l'annulation du hametz (bitoul) qui aurait pu échapper à notre vigilance, en déclarant (même en français) : "Que tout 'hametz ou tout levain que je n'ai pas vu ou n'ai pas détruit ou dont je n'ai pas eu connaissance soit considéré comme n'existant plus, comme la poussière de la terre". 2) Il incombe au chef de famille de rechercher et d'annuler le hametz qui est chez lui, en cas d'empêchement sa femme le fera. 3) Le hametz que l'on a trouvé pendant la recherche, ainsi que celui que l'on a mis de côté pour le petit déjeuner, sera soigneusement conservé jusqu'à l'heure de la destruction du hametz. 4) Le petit déjeuner de la veille de Pessah terminé, l'on brûlera le hametz restant (ou on le jettera au vide-ordures). Celui-ci peut être brûlé jusqu'à la fin de la 5ème heure de la journée - cette année avant 11H55. 5) Après avoir brûlé le hametz, on répète la formule d'annulation en introduisant une légère modification :"que je l'aie vu ou ne l'aie pas vu, que je l'aie détruit ou que je ne l'aie pas détruit". 6) Lorsque l'heure à laquelle le hametz doit être brûlé est révolue, il n'est plus possible de réciter"la formule d'annulation". 7) Il convient de se rincer la bouche, et de bien se brosser les dents à l'issue du petit déjeuner. 8) Si l'on trouve du hametz chez soi pendant Pessah, on a l'obligation de le faire immédiatement disparaître. Si on en a trouvé Yom Tov ou Chabath, on le recouvrira d'un récipient et on le brûlera à l'issue de la fête ou du Chabath. Si l'on trouve du hametz sur la voie publique, l'on veillera à ne pas le ramasser.

Quel est le sens de la recherche du hametz et de son annulation ? Le fait de réciter la formule d'annulation du hametz évite de se trouver en infraction avec l'interdiction d'en voir. Il est en effet dit dans la Torah : "Il n'en sera pas vu chez toi". Ainsi par cette formule, on renonce à toute propriété sur lui ; il ne nous appartient plus. Question : S'il en est ainsi, pourquoi cette exigence de la recherche du hametz afin de s'en débarrasser ? L'annulation ne suffirait-elle pas ? Deux raisons sont invoquées : Le bitoul est d'ordre subjectif et personnel, aussi y-a-t-il lieu de craindre que la quantité de hametz que nous possédions ne nous incite pas à nous en défaire d'une manière sincère, l'on risquerait alors d'enfreindre les interdictions d'en voir (bal yiraè) et d'en trouver (bal yimatsé). La familiarité du hametz que nous consommons tout au long de l'année risque, si nous en trouvons, de nous faire oublier que c'est Pessah au point d'en manger. C'est pourquoi nos Maîtres nous ont enjoint de nous en dessaisir et de le brûler, bien que nous l'ayons"annulé". Pour la même raison, il convient de ranger également toute la vaisselle hametz après l'avoir nettoyée, afin de ne pas s'en servir. Si l'on a procédé à la recherche du hametz sans l'avoir annulé, il y a lieu de craindre que cette recherche n'ait pas été suffisamment bien faite, on enfreindrait alors l'interdiction de ne pas en avoir en sa possession. (Traité de Pessahim).

LA VENTE DU 'HAMETZ

1) Si quelqu'un a beaucoup de hametz et il hésite à s'en défaire, il a le loisir de le vendre à un non-juif (cette vente est une vente réelle, effective et non fictive), le hametz peut être racheté après Pessah Ce 'hametz doit être entreposé dans un endroit fermé. 2) L'on se contentera de vendre le hametz, mais non pas la vaisselle qui y a servi, en prenant cependant la précaution de la mettre de côté. 3) L'usage est aujourd'hui établi, grâce à une procuration, de mandater le Rabbin pour procéder à la vente du hametz. C'est ainsi que le Consistoire Israélite de Paris réalise cette vente par procuration. Téléchargez la brochure ainsi que le formulaire de vente en format PDF, imprimez-le et renvoyez-le avant le mercredi 4 avril à 12 heures L'INTERDICTION DE CONSOMMER LE HAMETZ La Thora nous interdit de consommer, de boire et de tirer profit de tout hametz ou mélange de hametz, même en quantité infime. Même une quantité infime de hametz mélangé à des aliments pendant Pessah rend ces aliments interdits à la consommation pendant toute la durée de la fête. Cependant si le hametz s'est mélangé avant la fête, il est considéré comme annulé, à condition toutefois qu'il y ait 60 fois plus d'aliments cacher le-pessah que de hametz. L'on s'abstiendra de consommer tout aliment ou de boire toute boisson n'ayant pas fait l'objet d'une surveillance rabbinique particulière pour Pessah. L'interdiction de consommer du hametz prend effet la veille de Pessah 2 heures avant midi. Cette année 2000, l'interdiction prend effet à partir 10H35. L'interdiction de tirer profit du hametz prend effet à partir de 11H55

Précision de vocabulaire

Quand on parle de Péssa'h, cela désigne le sacrifice de l'agneau dans le Temple. On a donc l'habitude de dire "la fete de Pessa'h" ou "la fête". Le sens C'EST LE TEMPS DE NOTRE LIBÉRATION, zémane 'hérouténou. Nous sommes libérés par Hachém, car nous n'étions pas capables de sortir de l'état d'assimilation à la splendide culture égyptienne qui tenait notre identité dans son carcan. Comme en tous pays, cette assimilation avait de nombreux côtés bénéfiques et les juifs étaient appréciés (ainsi Moché avait accès auprès du Pharaon, et ils purent sans difficulté demander à emprunter des vases prcieux avant de partir dans le désert, ce qui témoigne de relations heureuses) mais il y avait également les persé cutions terribles ; en 50 ans, les juifs connaissent toutes ces étapes mêmes dans les pays de la haute culture occidentale. Que cette splendeur ait tourné finalement en cauchemar n'est pas le motif principal de la libération, c'est plutôt la suite logique de toutes les assimilations qui n'aboutissent ni à une greffe, ni à une intégration, ni à un rejet calme ; l'histoire juive est une répétition de ces paradis temporaires dans les valeurs des autres qui se terminent en cauchemar. Les juifs y reçoivent, les juifs apportent, les juifs font connaître leur message et leurs dons, ils éveillent des étincelles qui se joignent à eux, mais tout cela n'est que transit. Et le temps passe et se perd. Mistrayim, l'Egypte d'alors, était le summum de la coordination impériale des valeurs humaines de l'époque ; ce qui nous en reste et suscite encore l'émerveillement, peut nous faire comprendre la difficulté de proposer à une population intégrée de quitter pour l'inconnu, les promesses, et surtout pour... le désert... et en se basant seulement sur la foi dans le message des valeurs ancestrales et du pôle hypothétique d'Israël et de Jérusalem.

Tout cela est totalement actuel, tant sur le plan culturel, économique, que personnel. Bien des juifs qui décident de monter en Israël ressentent mot pour mot chacun de ces versets. La Torah est historique et perpétuelle.

Il n'est donc pas possible de diviser le monde entre mal et bien, comme si les autres étaient tout mal et nous tout bien, le problème est ailleurs : c'est celui d'une fidélité, d'un choix, d'une capacité d'être vrai chacun, aujourd'hui, face au message connu et transmis à nous par les générations, avec la tâche de le réaliser et de le passer aux générations suivantes avec notre contribution.

La bonté ('héssède)

La fête de Pessa'h n'est pas seulement une ascèse individuelle mais une cure collective. Comme nous avons bénéficié gratuitement de la bonté de Hachém, ainsi nous avons l'obligation de manifester notre bonté par des dons à ceux qui sont dans le besoin, par la tsédaqa. La préparation de la fête et le séder

La préparation de la fête et le séder avec l'étude de la agada placent chaque membre du peuple devant cette 'pro-vocation' à travers le récit, les questions, les actes.

Ce n'est pas à proprement parler un scénario de libération politique, sociale, psychologique, religieuse ; certes, ces dimensions y sont présentes mais c'est une remise en fonctionnement du monde et du peuple juif, hors de toute soumission et esclavage subtil à ce qui n'est pas la Tora, Hachém et le lieu où nous avons à le vivre, la terre d'Israël. Chacun de ces actes du scénario proposé est précis et sans compromission, et il comporte de multiples dimensions élevées. Comme il faut connaître de nombreux détails, il est indispensable de se munir d'un Kitsour Choul'hane Aroukh, livre qui résume l'ensemble de ces prescriptions pour parvenir à les réaliser ; on en trouve dans toutes les librairies juives, selon le rite auquel on appartient par la naissance du côté du père, ou du mari.

le hamets

Sens. C'est le symbole du processus caché de fermentation qui doit être stoppé, l'orientation constante vers le mal à accomplir, le yétsér ha râ. La différence entre ce qui cause le mal et ce qui est pur est aussi faible que l'écriture des deux mots matsa et 'haméts en hébreu qui ne se distinguent que par une infime différence entre le hé et le 'hét. Ce qui sera cuit sans avoir eu le temps de lever et de fermenter s'appellera matsa et pourra se conserver et se consommer pendant la fête de Pessa'h.

Précisément, les prescriptions du 'haméts sont 6 des 24 prescriptions concernant Pessa'h que le Rambam a précisées et qui concernent pour la plupart le sacrifice pascal lui-même. Dans l'ordre des versets de la Torah, nous trouvons ces 8 prescriptions :

Chémote 12, 15 : la nuit précédant la fête, vous enlèverez tout 'haméts.

Chémote 12, 18 : vous mangerez de la matsa le soir de Pessa'h.

Chémote 12, 19 : on ne trouvera pas de 'haméts chez vous pendant la fête.

Chémote 12, 20 : vous n'utiliserez aucune forme de 'haméts pendant toute la fête.

Chémote 13, 3 : vous ne mangerez pas de 'haméts et n'en tirerez aucun bénéfice pendant toute la fête sous peine d'être exclu de la communauté.

Chémote 13, 7 : le 'haméts ne sera pas vu en rien de votre possession pendant la fête.

Chémote 13, 8 : vous raconterez à vos enfants la sortie d'Egypte pendant la nuit de Pessa'h.

Dévarim 16, 3 : vous ne mangerez pas de 'haméts ou n'en tirerez pas de bénéfice pendant la soirée de Pessa'h.

Précision pour les resquilleurs :

On ne peut pas se dispenser d'éliminer le 'haméts et de faire la cérémonie d'élimination (bédiqate 'haméts) par l'artifice d'aller habiter pendant la fête à l'hôtel ou ailleurs. Il faut avoir quitté son domicile 30 jours > avant la fête pour être dispensé ;-

Le jeûne des aînés

Les premiers-nés mâles, après l'âge de 13 ans, jeûnent la veille de Péssa'h en souvenir de la tristesse qu'a dû produire la mort des premiers-nés des Egyptions qui sont morts dans le processus nécessaire pour la libération du peuple des bné Yisrael. C'est une mesure qui montre > l'immense moralité du peuple juif, et qui continue à le faire plusieurs > millénaires après ces événements. Que cela soit médité et cité à la louange du peuple juif.

La matsa

Inversement, nous avons l'obligation de manger de la matsa non fermentée le soir du repas de Péssah, le Séder. On appelle matsa chémoura, cette matsa de choix, préparée selon les exigences les plus strictes. Légumes à Péssa'h

Quelques produits ne posent pas de problèmes s'ils sont lavés préalablement : les fruits et légumes frais, les poissons. De même les boissons d'eau minérale naturelle. Les achkénazes, et quelques communautés sépharades, ne mangent pas de riz pendant Pessa'h parce que la forme rappelle celle des 5 céréales interdites.

L'allumage des lumières de la fête

Les femmes ou les hommes seuls doivent allumer les lumières avant l'entrée de la fête. Pour la femme, cette obligation fait partie de ses charges spécifiques comme les lois de nidda, la 'halla ou prélèvement de pâte pendant la fabrication du pain de chabbate et l'allumage des lumières du chabbate et des fêtes (voir le traité Chabbate page 31 b). (Les femmes sont dispensées de certaines mitsvotes liées au temps).

Les commentaires les plus élevés sur la fête insistent aussi sur un élément féminin important dans cette fête dont la bonté totale, plus qu'en tout autre jour de l'année ou de la semaine, est symbolisé par le personnage de Ra'hel, aboutissement dernier de l'accomplissement du peuple.

Le repas du "Séder" (de l'ordre des choses)

- En 15 étapes, en 15 montées comme il y a 15 psaumes des montées (chir hamaâlote),

- nous allons faire individuellement et ensemble, et les uns par l'aide des autres (leur enseignement et leurs questions), - ce processus de libération. Il faut se stimuler les uns les autres à trouver le sens des symboles utilisés ; beaucoup préparent cet exercice en lisant les commentaires de nos Sages. Une fois franchie la première étape de la soirée, celle-ci sera nommée à nouveau à chaque fois avant d'aborder la suivante. Chaque étape est un rite concret d'acte et de parole qui doivent nous faire réfléchir pour nous élever, en sachant que derrière leur simplicité apparente les Sages ont inscrit les enseignements les plus élevés. Les 15 étapes de libération, dans la soirée du Sédér de Pessa'h, sont décrites dans le livre de la Haggadah de Pessa'h :

1- le kiddouche (qaddéche),

2- le lavage des mains (our'hats),

3- la consommation de céleri (carpass),

4- la brisure de la matsa (ya'hats),

5- le récit de la haggada (maguide),

6- le lavage des mains avant le repas (ra'htsa),

7- la bénédiction sur le pain (motsi),

8- la bénédiction précise sur la matsa (matsa),

9- la consommation de la laitue amère (maror),

10- la consommation de maror et de 'harossète (korékh),

11- le repas (chouk'hane orékh),

12- le découvrement de la partie de matsa cachée (tsafoune),

13- la bénédiction après le repas (barékh),

14- la récitation du hallél (hallél),

15- le récit de l'accomplissement (nirtsa).

Nous reviendrons sur ce Séder.

La disposition de la table : Il y aura sur la table : - 3 matsote chémourote (pluriel de matsa) séparées.- des récipients séparés ou un plat à compartimentssur lequel seront disposés : - un morceau de viande généralement grillée qui rappelle le Péssa'h, le sacrifice. - un oeuf dans sa coque et bouilli, qui rappelle le sacrifice de 'haguiga et le deuil de la destruction du Temple. - le maror, ou herbes amères, souvent de la laitue ou des endives, qui rappellent l'amertume de la vie d'esclavage en Egypte, même si l'apparence était belle au départ comme toute situation des juifs en exil, même de nos jours. - de l'eau salée ou vinaigrée , et du céleri (carpas) que l'on trempera dans cette eau ; c'est le souvenie amère de la vente de Yossef par ses frères, dont la chemise a été trempée dans le sang et qui est l'une des raisons des duretés de l'exil en Egypte. - le 'harosséte, excellente pâte qui est toujours la perle de chaque maitressse de maison et qui est composée suivant les régions de pommes, amandes, cannelles, fruits mélangés dans du vin ; cela représente la bonté divine, la douceur de la terre d'Israël et aussi le mortier des briques d'Egypte transformé ainsi en douceurs.

Ces objets sont disposés sur le plat de façon diverse suivant les coutumes et suivant les sens élevés que l'on donne à ces dispositions. La semaine de fête, 'hol ha moêd péssa'h. Chaque jour on se rend à la synagogue, comme le chabbat, pour prier ensemble collectivement dans la joie de la libération et lire la Tora.

Le Ômér

A partir du premier soir, le lendemain, on commence à compter sept semaines, et à la fin on apportait une offrande dite Ômer (lire Vayiqra, 23, 15). Ce compte précis chaque jour (jour et semaines, dès la tombée de la nuit) comprend de nombreuses significations très belles et de très haut niveau que l'on trouvera dans les commentaires de nos Sages. Les femmes n'ont pas "l'obligation" de compter ces jours, car leur rapport au temps est très différent de celui de l'homme ; le judaïsme a une réflexion très profonde sur ces réalités, très éloignée des projections rapides et faciles que l'on peut faire sur un sujet si important.

Le 33e jour de l'Ômère est la fête dite de Lag baÔmér où on célèbre en grande joie la hiloula (jour du décès comme entrée dans la gloire d'En-Haut) de Rabbi Chimeône bar Yo'haï. C'est un peu le modèle de l'union que le peuple juif et chacun devraient avoir avec le Créateur. Rabbi Chimeône bar Yo'haï est la source de la tradition du Zohar.

Les coutumes du Seder et leurs significations

par le Rabbin Haïm Harboun

La soirée du Seder revêt une solennité particulière parce qu'elle réunit toute la famille et toutes les nostalgies s'y déversent. Chaque communauté, selon le pays, a développé ses propres coutumes, nous allons passer en revue quelques-unes et en proposer une signification.

La table du Seder La consommation des oeufs

La Tenue Le plateau du Séder

Les Quatre coupes de vin L'Afikomane

Le Harosset Les têtes d'agneaux

Les trois matsot du plat du Séder

La lecture de la haggada

La mitsva du maror

L'ouverture de la porte

Zéro'a et Bétsa (l'os et l'oeuf)

Le Verre du Prophète Elie

La table du Seder

Cette soirée étant réservée à l'exaltation de la liberté et à sa précarité, il est donc normal qu'autour de la table les attitudes rappellent la liberté. C'est pourquoi dans certaines familles (principalement chez les orientaux) les assistants ne sont pas assis sur des chaises mais sur des divans, comme au temps des Romains, afin de leur permettre de boire les quatre coupes en étant penchés du côté gauche. Le Talmud Pessahim (99b) précise : "même le juif le plus pauvre ne peut manger sans s'accouder", Rachi ajoute " c'est ainsi que se comportaient les hommes libres ".

Les juifs d'Europe Centrale, et les communautés hassidiques décorent la table du Seder avec des objets on or et en argent. Pratiquement partout, on se sert d'une belle vaisselle et de nappes neuves de grande qualité. La Tora dit on effet que les juifs qui sont sortis d'Egypte ont emporté avec eux beaucoup de richesses, et des ustensiles en or et en argent. Dans certaines communautés, on pose dans un coin de la chambre un aquarium pour nous rappeler les eaux de la mer Rouge.

La Tenue

Certains juifs d'origine achkenaze, ont l'habitude de se vêtir de blanc pour la soirée du Seder; Dans certaines familles, seul le chef de famille appelé à diriger le Seder s'habille de blanc pour rappeler la tenue des Cohanim. Selon les cabbalistes, le blanc est le symbole de la bienveillance et de la miséricorde. Ces deux qualités sont de mise cette soirée où chaque juif est tenu d'accueillir à sa table des personnes sans famille. Les juifs du Maroc portent une longue tunique blanche (faragia) pour marquer leur volonté d'hommes libres. La tunique blanche était interdite aux esclaves. Les juifs Boukharis, revêtent pour cette soirée des vêtements multicolores, réservés généralement à la noblesse. Le chef de famille quant à lui s'habille de blanc et porte une ceinture dorée. Les juifs du Caucase, portent des armes à leur ceinture pour le Séder, quant aux femmes elles portent des ceintures en argent.

Les Quatre coupes de vin

Chaque assistant doit boire quatre coupes de vin en se penchant du côté gauche. La première constitue en même temps la coupe du kiddouche, la deuxième, à la fin de la lecture de la haggada, la troisième à l'occasion de la prière après le repas (birkat hamazone) et la quatrième pour la récitation du Hallel. Entre la première et la troisième coupe il est permis de boire du vin, mais pas entre la troisième et quatrième (Pessahim 117b). Pourquoi doit-on boire quatre coupes ? Le Harosset

Le Harosset rappelant l'argile, doit son nom aux briques que nos ancêtres devaient fabriquer pour construire les villes de Pithom et Ramsès (Talmud de Jérusalem). Les ingrédients qui composent le Harosset sont choisis d'après les versets tirés du Cantique des Cantiques. Les noix, comme il est écrit dans le Cantique des Cantiques (chap.6.11) " je suis descendu dans le verger du noyer ". Pour les grenades il est dit " ta tempe est comme une tranche de grenade " (ibidem 4.3). Pour les figues : "Le figuier embaume par ses jeunes pousses" (ibidem 11.13). Pour les dattes : " je me suis dit: je monterai au palmier " (ibidem 7.8). Pour la pomme "sous le pommier je t'ai réveillé" (ibidem 8.5). Les épices rappellent la paille pour fabriquer les briques. On y ajoute du vin rouge : en souvenir de la première des dix plaies. Les juifs d'Irak commencent la préparation du harosset dès le mois de tichri parce que les dattes sont encore fraiches et molles. Les juifs yéménites préparent de grandes quantités de Harosset, qui est consommé durant les huit jours, que dure la fête. Au Yémen, le harosset a conservé le nom de roba, mentionné dans le Talmud de Jérusalem (Pessahim Ch.10.3). Les trois matsot du plat du Séder

Les jours de fête, il faut deux pains à l'instar du chabbat pour nous rappeler la double part de la manne ramassée le vendredi. Mais pour le séder, il faut une troisième matsa intermédiaire, que l'on coupe en deux parts inégales lorsqu'on évoque la séparation des eaux de la nier Rouge. La moitié la plus grande est cachée pour servir à la fin, d'aflkomen, et l'autre partie, plus petite, reste entre les deux matsoth. Après la lecture de la première partie de la haggada, on procède à la bénédiction du motsi, on prend un morceau de la matsa entière, l'équivalent d'une grosse olive (soit 30 grammes ou même 50 grammes), et un morceau de la petite partie, d'un poids également à celui d'une grosse olive. Il reste donc une matsa entière, qui servira pour le "corekh". Les trois matsot, d'après Rav Cherira Gaon, rappellent les trois mesures de farine offertes par Abraham aux trois anges venus lui rendre visite. Celle-ci eut lieu selon le midrach la veille de Pâque (Gen.18.6). On dit aussi que les trois matsoth symbolisent les trois ancêtres. Pour les cabbalistes, les trois matsoth représentent le Cohen, le Lévi et Israël, autrement dit l'unité du peuple juif.

La mitsva du maror

La Tora nous fait une obligation de consommer des herbes amères au repas du Séder. A l'époque talmudique, on mangeait de la laitue en guise de maror. La laitue a pour nom 'hassa et ce terme signifie aussi "avoir pitié" ('has). Nous consommons de la 'hassa (laitue) parce que l'Eternel a eu pitié de nous en Egypte. On avance un autre motif au choix de la laitue. Le goût premier de la laitue est doux et vers la fin elle est amère ; ceci pour nous rappeler le comportement des égyptiens à l'égard de nos ancêtres ; en arrivant en Egypte, ils furent reçus avec douceur, et après ils furent réduits à l'esclavage.

Zéro'a et Bétsa (l'os et l'oeuf)

Nos sages ont prescrit d'inclure dans le plateau du Séder le zéro'a, en souvenir du sacrifice de Pâque, et un oeuf pour rappeler le sacrifice habituel fait au temple à l'occasion de chaque fête de pèlerinage. Ce sacrifice a pour nom haguigua. La communauté juive de Kairouan (Tunisie) avait sollicité de rav Cherira Gaon (XIème siècle) les motifs de la présence sur le plateau du Seder de l'os et de l'oeuf. Rav Chérira répondit qu'ils rappelaient les deux guides d'Israël Moïse et Aaron, les deux artisans de la libération des hébreux. Dans certaines communautés on ajoute un poisson pour le souvenir de leur soeur Myriam.

La consommation des oeufs, au Séder

L'oeuf chez les juifs est le symbole de la vie et de la mort. Il représente un cycle par sa forme, la vie en est le début et la mort, la fin. La libération du peuple hébreu du joug égyptien ne s'est pas faite sans dégâts. Elle a coûté la vie à de nombreuses populations. C'est pourquoi la joie n'est jamais absolue chez les juifs. Comme à l'occasion d'un mariage on casse un verre pour rappeler la destruction du Temple, à Pessah on trempe l'oeuf dans l'eau salée en souvenir de toutes les larmes versées à la suite de la perte de l'indépendance des juifs. Le mal aussi n'est jamais absolu, c'est pourquoi, le premier jour de Pessah, jour de la libération du peuple hébreu, est aussi le même jour ou tombera le ticha béav (le 9 av) jour anniversaire de la destruction du Temple. Destruction et rédemption sont des extrêmes qui se touchent dans la vie cyclique juive.

Le plateau du Séder

D'après la tradition on doit durant la soirée, soit élever le plateau soit le retirer de la table. Dès la première phrase de la haggada "ha lahma ania" (voici le pain de misère), on soulève le plateau. Pendant la lecture de ma nichtana on retire le plateau de la table ; après la lecture de ma nichtana, on rapporte le plateau et on le découvre pour la lecture de la haggada. Lorsqu'on arrive au passage matsa zou = cette matsa que nous consommons, on soulève la matsa du plateau, on agit de même avec le maror lorsqu'on prononce la phrase maror zé (cette herbe amère). A partir de lefikhakh on couvre le plateau jusqu'à la fin de Gaal Israël. En Afrique du Nord on soulève le plateau et on le fait tourner sur la tête des assistants pour appeler sur eux la réussite.( les" tunes l"e font tourner par des jeunes filles à marier)

L'Afikomane Ce terme "afikomane" est d'origine grecque qui signifie " dessert ", " dernier mets ". C'est avec 1'aflkomane que nous terminons le repas. Il doit être consommé avant minuit, comme pour le sacrifice pascal qu'il symbolise. Après la consommation de 1'aflkomane (30g) on ne peut plus rien manger, à l'exception des deux coupes de vin restantes. Les juifs en Espagne enveloppaient l'afikomane dans un tissu et chacun des assistants, le met sur son dos en récitant : "c'est ainsi que nos ancêtres sont sortis d'Egypte".

La soirée du Séder étant essentiellement réservée aux questions des enfants, il est indispensable que ces derniers puissent rester éveillés, pour cela, le chef de famille cache l'aflkomane et promet à la personne qui le trouvera une récompense substantielle. Chaque enfant se fait donc un devoir de découvrir l'afikomane. Les juifs perses agissent autrement. Ils confient la garde de 1'aftkomane à un des enfants. S'il réussit à le conserver durant toute la soirée il aura une récompense. Les juifs yéménites ne procèdent pas ainsi car disent-ils, le vol, même dans un but noble reste interdit. Dans plusieurs communautés on conserve toute l'année un morceau de 1'afikornane. On pense qu'il a des vertus thérapeutiques et qu'il préserve aussi contre le mauvais oeil.

Les têtes d'agneaux

La lecture de la haggada

Dans certaines communautés juives d'Afrique du Nord, particulièrement en Libye et au Maroc, la lecture de la haggada était introduite par une scène typique. Un enfant de la famille, habillé en haillons portant un gros baluchon sur un bâton posé sur son épaule, se présente devant l'assistance.

Voilà, si avec tous ces détails , vous n'etes pas incollable sur Paque...