HISTOIRE DE LA TOUTE PREMIERE FEMME RABBIN

réalisé par Janine <janine@sefarad.org>

Regina Jonas est née le 3 août 1902 à Berlin; son père mourut quand elle était enfant;

elle devint prof comme beaucoup de femmes à l'époque;

cependant elle ne se contentait pas de cela. A Berlin, elle s'enrôle à l'Académie pour la Science du Judaïsme, un séminaire pour rabbins et éducateurs libéraux.

Là elle obtient son diplôme de " professeur académique de religion"..

Toujours insatisfaite, elle veut devenir rabbin

Elle écrit une thèse dont le sujet est " une femme peut- elle être rabbin selon les sources halakhiques ? " Sa conclusion, basée sur des sources Bibliques, talmudiques et rabbiniques est : oui. Aussi, ELLE devrait pouvoir être nommée rabbin...

Le professeur de Talmud responsable des ordinations refuse de lui accorder ce titre. Elle fait appel au rabbin Leo Baeck, leader spirituel des juifs allemands qui lui a enseigné au séminaire: il refuse aussi peut- etre parce que l'ordination d'une femme aurait causé d'énormes problèmes intra communautaires avec les juifs orthodoxes.

Le 27 décembre 1935, Regina est enfin ordonnée rabbin par le rabbin libéral Max Dienemann à Offenbach, c'est le chef de l'Association des Rabbins Libéraux.

Etre rabbin est une chose, mais trouver une congrégation , un poste en somme, en est une autre. Regina trouva du travail comme aumônier dans diverses associations sociales juives.

En raison des persécutions nazies, de nombreux juifs , dont des rabbins, émigrent et ainsi pas mal de petites communautés se retrouvent sans rabbin. Ironie du sort: ce sont les persécutions nazies qui lui permettent d'être rabbin et de precher dans une synagogue, mais pas pour longtemps. Bientôt, comme tous les juifs, elle fut contrainte de travailler dans une usine pour les nazis. Malgré tout, elle continue son travail de rabbin, c'est à dire qu'elle continue de prêcher et d'enseigner.

Le 3 novembre 42, elle doit remplir une déclaration qui établit la liste de tous ses biens , y compris les livres. 2 jours après, tous ses biens sont confisqués " au bénéfice du Reich allemand". Le lendemain, la Gestapo l'arrete. C'était le 6 novembre 42; elle est déportée à Theresienstadt;

Même là , sa fonction de rabbin ne cessa pas; Victor Frankl, le psychologue bien connu, lui demanda son aide. Il voulait créer un service d'intervention pour améliorer les chances de survie des prisonniers .Son travail consistait à aller à la rencontre des trains à la gare du camp et là , elle aidait les gens qui arrivaient à supporter le choc , le traumatisme ,à affronter le désespoir .

Une liste citant 24 de ses conférences (manuscrites) intitulées " conférences de la seule et unique femme rabbin Regina Jonas " existe toujours et peut être retrouvée dans les archives du camp. 5 conférences portent sur l'histoire des femmes juives, 5 sur des sujets talmudiques, 2 sur des thèmes bibliques, 3 sur des sujets pastoraux et 9 offrent des introductions générales sur les croyances, éthiques et fêtes juives.

Regina travailla sans arrêt dans le camp pendant 2 ans. Finalement elle fut déportée à Auschwitz, et assassinée le 12 décembre 44; elle avait 42 ans.

En 1972, le Mouvement Réformiste et Reconstructionniste des USA commença à ordonner des femmes rabbins. En 1995 Béa Wyler, qui avait étudié au JTS de New York, devint la première femme rabbin dans l'Allemagne de l'apres -guerre , au service de la communauté juive de Oldenburg. Et en France , nous avons Pauline Bebe qui a fondé sa propre synagogue à Paris ( etdont on peut dire, hélas, qu'elle en a bavé, preuve s'il en est , que certains sont encore incapables d'aller à contre- courant ; et pourtant c'est vrai: il n'y a aucune interdiction halakhique à l'ordination de femmes rabbins, aucune).

d'après le site Hagalil