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film: pour un seul de mes yeux

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Un film d'Avi Mograbi

Titre original : NEKAM ACHAT MISHTEY EYNAY (Israël)

Genre : Documentaire - Duree : 1H40 mn

Sortie en salles le 30 Novembre 2005

Présenté en Sélection Officielle, hors compétition au Festival de Cannes 2005

Synopsis

Les mythes de Samson et de Massada enseignent aux jeunes générations israéliennes que la mort est préférable à la domination. Aujourd’hui, alors que la seconde Intifada bat son plein, les Palestiniens subissent quotidiennement les humiliations de l’armée israélienne : les paysans ne peuvent librement labourer leurs champs, des enfants sont bloqués des heures au poste frontière au retour de l’école, une vieille femme ne peut pas rentrer chez elle… Exténuée, cette population, comme hier les Hébreux face aux Romains ou Samson face aux Philistins, crie sa colère et son désespoir.

Avi Mograbi, cinéaste israélien, croit en la force du dialogue, avec les Palestiniens assiégés et avec l’armée israélienne omniprésente.

Un documentaire pas très abouti

Située au sommet d'une falaise isolée, la forteresse de Massada constitua, en l'an 72, après la chute de Jérusalem, la dernière place forte du peuple juif lors de son soulèvement contre les Romains. Endroit symbolique s'il en est, cette falaise représente, aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage sur lequel on emmène les enfants se recueillir et réfléchir à l'Histoire de leur peuple. C'est à partir de cette réflexion qui se veut écho de celle de ces guerriers de la dernière heure, qu'Avi Mograbi a articulé toute la problématique de ce documentaire. Faut-il préférer la mort à la reddition? Devient-on un héros comme le mythique Samson lorsque l'on décide de se venger de ses ennemis ? Autant de questions universelles et centrales au film qui revêtent une dimension particulière dans le contexte précis du conflit actuel entre Israël et la Palestine. S'il convient de saluer, à cet égard, le courage dont fait preuve le réalisateur en s'attelant à cet épineux sujet, il faut, toutefois, y ajouter un bémol puisque, malheureusement, ce documentaire n'apporte aucun élément de réponse. Extrêmement décousu, cette réalisation bâclée mêle des séquences qui n'ont absolument aucune cohérence entre elles si ce n'est de susciter chez le spectateur un violent sentiment d'incompréhension. Unique fil rouge du film, une série de conversation téléphonique entre le réalisateur lui-même et un de ses amis palestiniens prisonnier du couvre-feu instauré par le gouvernement Sharon, semble là pour donner quelques repères et traduire la détresse d'un peuple. Toujours selon la même idée, Mograbi se plaît à montrer des scènes tragiques de la vie quotidienne de ce peuple. Tour à tour, il filme une famille empêchée par des soldats israéliens de se rendre à l'hôpital ou encore des enfants à qui on interdit le chemin allant à leur école. Des images que l'on a tous déjà trop vues et qui n'apportent rien de supplémentaire à la réflexion du cinéaste qu'on sent, décidément, très éparpillée…

Nathalie Couturier

http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=42170

((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((( Pour un seul de mes deux yeux" : l'affirmation du droit de vivre pour chacun en Israël

LE MONDE | 29.11.05 | 15h16 • Mis à jour le 29.11.05 | 15h16

Le réalisateur israélien Avi Mograbi en conversation avec un Palestinien coincé chez lui par le couvre-feu.

LES FILMS DU LOSANGE

Découvrez les dépêches vidéo des agences AFP et Reuters, en français et en anglais.

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le titre, Pour un seul de mes deux yeux, est une citation de Samson. Ce personnage biblique tenait une force surhumaine de ses longs cheveux, que son amante Dalila coupa pendant son sommeil, afin de le mettre à merci des Philistins qu'il terrassait par milliers. Exhibé à Gaza, Samson invoqua Dieu pour qu'il lui rende suffisamment d'énergie pour venger au moins l'un de ses yeux crevés par les Philistins. Puis il s'arc-bouta contre les colonnes du temple qui s'effondra, anéantissant ses ennemis en même temps que lui. Dans la tradition juive, on l'appelle désormais "Samson le héros". Aujourd'hui, en Israël, le mythe de Samson, tout comme celui des irréductibles de Massada (ces juifs "zélotes" qui, en l'an 66, préférèrent se tuer plutôt que de se livrer aux assiégeants romains), est enseigné aux jeunes générations pour leur inculquer l'idée que le suicide est préférable à la soumission. C'est contre cet endoctrinement idéologique que s'insurge Avi Mograbi, chroniqueur acerbe du conflit israélo-palestinien. Ce cinéaste activiste, de nationalité israélienne et militant pour la défense des droits des Palestiniens, ne cesse depuis 1994 de signer des films qui remettent en cause les préjugés de la société de son pays et dénoncent la violence quotidienne qui y règne au quotidien. La Reconstitution contestait les résultats d'une enquête imputant l'assassinat d'un enfant israélien à de jeunes Palestiniens. Comment j'ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon avouait la sympathie qu'il avait fini par ressentir à l'égard d'un homme d'un camp opposé au sien en suivant sa campagne électorale pour la candidature de Benyamin Nétanyahou au poste de premier ministre. Considéré comme un provocateur, ou un manipulateur, ce cinéaste inclassable (donc traité de trublion) devait ensuite mettre un bémol au triomphalisme d'un Etat qui se préparait à fêter son cinquantenaire (Happy Birthday) et s'interroger sur les troubles engendrés par ses soldats dans les territoires occupés (Août, avant l'explosion). Pour analyser la démarche complexe de cet homme de bonne volonté qui exprime doutes et colères, Jean-Louis Comolli a publié dans les Cahiers du cinéma (no 606, novembre 2005) un texte remarquable dans lequel il compare "le tourniquet sans fin du vrai et du faux, du jeu et de la réalité" qui régit son oeuvre au To be or not to be de Lubitsch. Le dilemme de Mograbi, qui mêle documentaire, fiction et autobiographie filmée, est ainsi posé de belle manière : "Filmer d'un côté ? de l'autre ? des deux ? à deux ? Vouloir filmer et ne pas pouvoir ? Pouvoir et ne pas vouloir ? Satisfaire à la commande ou résister ?" Ici, dans Pour un seul de mes deux yeux, Mograbi montre que les Israéliens se comportent avec les Palestiniens comme les Romains face aux juifs de Massada : humiliations aux check-points, interdictions de labourer leurs champs, agressivité des soldats qui tentent de lui interdire de filmer. Et tandis qu'au fil des reportages sur le terrain se fait sentir de plus en plus une tension grandissante, l'impression d'une explosion imminente, Mograbi se filme plein cadre, en conversation téléphonique avec un interlocuteur invisible, un ami palestinien coincé chez lui par le couvre-feu, qui lui explique ce que les guides touristiques israéliens inculquent aux touristes sur le site de Massada : mieux vaut en finir tout de suite, et mourir, plutôt que de vivre dans cet état de captivité. Mieux vaut, tels Samson, pour les "citoyens de seconde zone" que sont les Palestiniens, en venir au suicide, mais comme une bombe humaine, en tuant un maximum d'occupants. Ce parallèle dérangeant pourrait être taxé, en Israël, de trahison si Mograbi n'y infiltrait pas, au-delà de son angoisse et d'un fort sentiment d'irritation devant des compatriotes qui refusent de laisser des enfants palestiniens à un barrage, sa certitude que les attentats-suicides ne constituent en aucun cas une issue. Le message de Pour un seul de mes deux yeux est l'affirmation du droit de vivre pour chacun, le refus de sacrifier ses enfants. --------------------------------------------------------------------------------

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